Identification en temps réel de la perte de mangroves grâce à la Global Mangrove Watch à Lamu, au Kenya
- Wetlands International

- Mar 12
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Témoignage d'utilisateurs de la Global Mangrove Watch
Dans le paysage côtier luxuriant de Lamu, la pratique unique de la récolte sélective des mangroves a posé un défi de taille : identifier et traiter les zones de mangroves dégradées illégalement. 60 % des mangroves du Kenya se trouvent dans la région de Lamu-Tana. Ces mangroves contribuent à hauteur de près de 85 millions de dollars américains par an à l'économie nationale et assurent la subsistance d'environ 800 000 pêcheurs artisanaux côtiers. Les mangroves du Kenya stockent chaque année jusqu’à 3 % des émissions totales de combustibles fossiles du pays.

Le comté de Lamu, contrairement à tous les autres comtés du Kenya, accorde aux communautés locales le droit de récolter les mangroves à des fins lucratives grâce à un système de licences structuré mis en place par le Service forestier kényan (KFS, Kenya Forest Service). Malgré l'existence de ces réglementations, des récoltes illégales ont toujours lieu. En l'absence d'une surveillance adéquate, ces activités illégales peuvent échapper à tout contrôle.
Pour lutter contre ce phénomène, le KFS a mis en place un système national d'alerte forestière, qui envoie toutes les deux semaines des mises à jour sur les perturbations des mangroves dans les zones protégées. Toutefois, la vérification de ces alertes (c'est-à-dire la distinction entre la récolte légale et illégale), en particulier dans les régions de mangroves denses, est délicate sans confirmation sur le terrain.
C'est là qu'intervient la plateforme Global Mangrove Watch (GMW), offrant une solution qui change la donne. Grâce à ses images planétaires haute résolution, la GMW offre une vue détaillée des changements dans les mangroves, permettant aux gestionnaires forestiers d'examiner attentivement les alertes avant d'envoyer des patrouilles enquêter sur d'éventuels cas d'exploitation illégale. De plus, la nouvelle fonctionnalité d’alertes concernant les mangroves fournit désormais des alertes de perturbation, permettant la détection et la vérification des changements dans la couverture des mangroves en temps quasi réel.

En outre, Wetlands International a aidé le KFS à mettre en place un centre de commandement d'alerte unique en son genre. Ce centre bénéficiera des alertes mensuelles de la GMW, complétant ainsi le système d'alerte national et garantissant une approche de surveillance plus complète. L'objectif est de réduire les coûts liés aux patrouilles en vérifiant les alertes avant d'envoyer des équipes sur le terrain.
Fort du succès de ce système d'alerte, KFS cherchera à le reproduire et à le développer à plus grande échelle dans les cinq comtés côtiers abritant des mangroves.
Grâce à cette collaboration innovante, les écosystèmes de mangroves de Lamu ont désormais plus de chances d'être préservés et gérés de manière durable, protégeant ainsi à la fois l'environnement et les moyens de subsistance des communautés locales qui dépendent de ces forêts vitales.
« La collaboration entre le système national d'alerte forestière du Service forestier kényan et les alertes concernant les mangroves de la Global Mangrove Watch permettra de réduire les coûts et d'améliorer la vérification de la perte de mangroves. » Dr Benjamin Kinyili, responsable ACTG, Département des relevés forestiers et de la gestion de l'information

Ce travail est mis en œuvre par Wetlands International, avec le soutien du WWF et de l'UICN (projets Mangrove Capital Africa et Save Our Mangroves Now).
